
Plus de soixante ans d’hégémonie de la carte scolaire en France, est bientôt la fin ? Le principe de la carte scolaire est née avec le plan Langevin-Wallon en 1946, puis s’est concrétisé sous De Gaulle en 1963. Ainsi, l’affectation d’un élève dans un établissement (public) dépend de sa « sectorisation », ou plus simplement de son lieu de résidence. Cette sectorisation est fixée par l’Académie. Mais sa fonction est bien plus importante, assurer une mixité sociale au sein des écoles en rattachant à un même établissement des quartiers hétérogènes. Pourtant, il semble malheureusement que cet objectif ne soit pas réalisé du fait principalement que celle-ci soit contournée (beaucoup de parents voulant choisir les meilleurs établissements pour leurs enfants).
Force est de constater que nombres de dérogation sont demandées qui pour la plupart sont pour l’évitement d’un établissement et non pour des motifs réels (entre fausses déclarations de domicile ou choix d’options fallacieux ; il existe de nombreuses astuces pour échapper à la carte scolaire). Et pire encore, certains établissements y dérogent légalement, comme Henri-IV ou Louis-le-Grand à Paris, qui sontautorisés « en vertu d’une coutume » à recruter entre 20 % à 25 % de leurs élèves en dehors de leur secteur. Tout cela pour que ces deux lycées réputés excellents, le reste (réputation oblige !)...Honte de la république ! qui prône égalité devant la loi et la même loi pour tous…
Les détracteurs de la carte scolaire y voit ghettoïsation des élèves. Mais ceci s’explique peut-être par un mauvais découpage mais surtout par le fait qu’elle est contournée par les familles plus aisées ou mieux informées afin d’échapper aux établissements réputés « difficiles »... le constat semble faire l’unanimité, mais les solutions sont paradoxalement opposées. En effet, le gouvernement Fillon sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy veut obtenir a terme la suppression de la carte scolaire, au nom du « libre choix » des parents.

Pourtant, cette conception semble bien bancale ! En effet, « un libre choix » ? Non, plutôt un écran du fumé, car il s’agit bien de s’engager dans une logique libérale du système avec toute les inconvénients qu’il peut y avoir avec l’égalité de fait que le droit doit permettre. La mise en concurrence des établissements permet comme nous le montre l’exemple anglais, de laisser de côté des élèves plus faibles pour que ces établissements puissent soigner au mieux leur réputation. On arrive alors, à une vraie école à deux vitesses ! Cette mesure n’a donc pour effet que d’accentuer les inégalités de niveau entre les établissements. Ainsi a terme, il s’agit bien de la fin de l’école de la République… Plutôt que de s’engager dans une lutte contre les inégalités à l’école, ce gouvernement nous propose l’opposé.
On ne peut qu’être révolté par cette mesure de suppression de la carte scolaire ! Nous aspirons à une école qui permette la réussite de tous dans les mêmes conditions et non une école à deux vitesses, favorisant encore et encore les personnes les plus informés et plus aisés !






